Une découverte

La bauxite a été découverte en 1821 par le français Berthier, ingénieur des Mines professeur à l’Ecole des Mines de Paris. L’orthographe actuelle est due à H. Sainte-Claire Deville (1861), en référence au nom du village des Baux-de-Provence.

À l’origine, le terme « bauxite » désigne un ensemble de roches alumineuses et ferrugineuses analogues à celles qui furent découvertes aux Baux. Après sa découverte en Guinée, cette roche fut successivement retrouvée en Guyane et ensuite clairement identifiée dans toute la ceinture intertropicale.

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Dans les bauxites ces minéraux alumineux sont communément associés à des hydroxydes et oxydes de fer, des minéraux du titane, des minéraux argileux et de la matière organique.

La minéralogie des gisements bauxitiques est une donnée fondamentale car c’est elle qui conditionne les paramètres du procédé de première transformation en alumine (procédé de Bayer). En règle générale, l’alumine d’un minerai dominé par les tri-hydrates (gibbsite ou hydrargilite) s’attaque facilement à des températures de l’ordre de 100°C alors que l’attaque des bauxites dominées par les mono-hydrates (boehmite) nécessite des températures supérieures à 200 °C et même supérieures à 250°C si le diaspore est dominant (tel que dans de nombreux gisements chinois). Autrement dit d’un point de vue cout de traitement il est préférable de développer un gisement à dominante tri-hydratée.

La bauxite est le minerai aujourd’hui le plus utilisé pour la fabrication d’ oxyde d’aluminium (l’alumine Al2O3) servant de matière première à la production d’aluminium métal. L’aluminium est le 3° élément le plus abondant dans la croûte terrestre, après l’oxygène et le silicium. Métal très réactif, il n’existe sur Terre que combiné à l’oxygène, principalement dans les silicates [Si, O, Al] et leurs produits d’altération de surface. La bauxite est une roche riche en alumine résultant de la transformation des silicates contenus initialement dans des roches éruptives (e.g. feldspaths) ou dans les roches sédimentaires (argiles), en hydroxydes tels que gibbsite (tri-hydrate), bœhmite ou diaspore (mono-hydrate), et en oxyde, tel que le corindon.

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Deux familles de bauxite sont distinguées :

Les bauxites latéritiques

Les bauxites latéritiques reposent sur des roches silico-alumineuses de nature variée, mais généralement pauvres en silice, dont elles dérivent. À part quelques rares exceptions, elles n’ont pas de couverture sédimentaire et sont généralement affleurantes.

La plupart des bauxites latéritiques se sont formées à l’endroit où elles se localisent actuellement. Elles résultent de l’altération particulière de roches silico-alumineuses, sous un climat tropical c’est à dire chaud et humide. Sous ce climat, et pourvu que certaines conditions soient remplies – bon drainage, notamment – il se produit une hydrolyse intense des silicates de la roche mère. Les alcalins, les alcalino-terreux, la silice sont éliminés, tandis que l’aluminium, le fer, le titane se concentrent par accumulation relative. Les bauxites latéritiques ainsi formées peuvent bénéficier d’un enrichissement relatif supplémentaire en alumine par une élimination secondaire du fer. Elles peuvent, en outre, être enrichies de manière absolue par importation d’alumine des horizons supérieurs.

La gibbsite est le minéral essentiel des bauxites latéritiques, où la bœhmite peut intervenir localement. Le diaspore est connu, mais exceptionnel.

Les bauxites latéritiques constituent environ 85% des ressources mondiales de bauxite, dont 45% sont localisées en République de Guinée. Les plus gros producteurs à partir de ce type de gisement sont l’Australie, la Guinée, la Jamaïque et le Brésil.

Les bauxites karstiques

Les bauxites de karst reposent sur un mur toujours calcaire ou dolomitique et sont souvent recouvertes par un toit sédimentaire qui peut être de nature, d’âge et d’origine diverses.

Les paragenèses minérales les plus fréquentes des bauxites de karst sont : bœhmite-gibbsite, bœhmite, bœhmite-diaspore, diaspore. Les gîtes à gibbsite seule sont très rares.

Si le mode de formation des bauxites latéritiques est aujourd’hui pour l’essentiel bien connu, il n’en est pas de même de la genèse des bauxites karstiques. D’une manière générale les bauxites karstiques résultent également d’un processus de latéritisation, mais sur un substrat calcaire et dans des conditions d’hydrolyse un peu différente, avec un climat un peu plus méditerranéen. L’interprétation suscite encore des hypothèses et des controverses à savoir si les bauxites karstiques se sont développées sur place ou résulterait d’une accumulation dans les pièges karstiques après transport.

Le minerai cible d’Alliance Minière Responsable dans la région de Boké est celui de meilleur qualité, c’est-à-dire provenant de bauxites latéritiques affleurantes à dominante tri-hydratée (gibbsite), avec faible concentration de mono-hydrate (boehmite et diaspore) et faible teneur en silice (ratio alumine/silice supérieur à 40).